De Mary/Gary Sue au SJW : jouer IRL en Godlike

Ce qui aurait dû rester une mauvaise fanfiction revient pour vous jouer un mauvais tour. Pire, ça a muté et fusionné avec les SJW.

Mesdames, Messieurs et courgettes non-binaires, la Mary Sue est de retour sur vos écrans.

Mary Sue prend corps pour dénoncer le sexisme transphobe du blantriarcat #bingo

Qu’est ce qu’une Mary Sue ?

Avec la sortie l’an dernier de Star Wars 8 et celle plus récente de Captain Marvel, vous avez sûrement lu, au détour d’un clic sur les internets, un nom étrange et récurrent : Mary Sue.

A l’origine, il provient d’une fanfiction, c’est à dire une histoire écrite par des fans sur leur univers préféré. Ce genre d’exercice faisait florès dans les années 70, et le fandom le plus prisé était celui de Star Trek. Sur une fanfiction, l’auteur a mis en scène Mary Sue, plus jeune membre de Starfleet à 15 ans, dotée du QI d Elon Musk, du physique de Natalie Dormer et d’un sens de la stratégie de combat à faire pâlir Marc Aurèle d’envie. Bref, un personnage que tout le monde imaginaire de la fanfic adore, et que le vrai monde déteste.

De cette aventure fut tirée un concept d’écriture : la Mary Sue, ou son équivalent masculin Gary Sue.

Cet archétype répond à des critères très précis, dont les traits les plus saillants sont :

  • Il est aimé de tous
  • Ceux qui ne l’aiment pas sont les méchants de l histoire
  • Il a toujours raison
  • Il n’a aucune faille, aucune vulnérabilité
  • Il est meilleur que tout le monde en tout
  • Même ce qu’il rate se transforme en succès
  • Il possède le logiciel de valeur occidentales progressistes, même lorsque c’est anachronique ou incohérent

Et surtout, cet archétype présente exactement tous les défauts d’écriture à éviter lors de la conception d’un personnage.

Souvent d ailleurs, la Mary Sue où le Gary Sue est une projection de l’auteur dans son monde imaginaire préféré,  mais une projection fantasmée : plus canon, plus intelligent, plus amusant….

Sur le plus grand site au monde de fanfiction, des pages entières sont dédiées au sujet. Il a été communément admis que baser ses fanfiction sur une Mary Sue est un péché d écriture (On trouvera des fanfic avec la mention “attention, personnage un peu Mary Sue” pour épargner la lecture à ceux qui disposent de leur jugement).

Un test a même été créé pour que les jeunes auteurs puissent éviter cette erreur d’écriture. En effet, cela donne des personnages peu crédibles auxquels il est impossible de s attacher.

La cohérence d’univers

Normalement, une bonne histoire présente un protagoniste (dit “le gentil”), un antagoniste (dit “le méchant”) plus fort qui exploite les faiblesses du gentil, et une motivation qui pousse le protagoniste à l’action (une femme pour Pâris, une cause pour Luke, une rédemption pour Zuko…).

Dans le cas d’un Sue, la motivation est anecdotique, le but même pour l’auteur n’étant pas de raconter une histoire mais de faire évoluer son personnage chéri parfait avec l’univers choisi comme toile de fond, simple écrin pour le joyau qu’est le Sue. Pour cette raison très précise, vous ne trouverez des Sues que dans des licences déjà pré-existantes.

Le Sue est tout ce qu’est un personnage de l’univers, mais en mieux et de manière totalement pétée. Par exemple, dans Star Wars, ça serait une femme née sur une planète désertique COMME Luke MAIS EN PLUS n’aurait ni oncle ni tante, qui deviendrait amie avec Han Solo en 5 secondes MAIS EN PLUS  saurait mieux réparer son hyperdrive sans jamais avoir mis les pieds hors de sa planète MAIS EN PLUS saurait parler le Wookie, qui maitriserait la Force COMME Luke MAIS EN PLUS sans entraînement et mieux qu’un seigneur Sith surentraîné…. Ça serait ridiculement irréaliste, n’est ce pas ?

Répare les disques durs à distance, éloigne les belles-mères, bénit les cartes bancaires

C’est là qu’on en vient à une notion clef : la cohérence. Les geeks sont très attachés à la cohérence de leurs univers préférés. Leur mépris pour les Sues vient principalement de cela : ces archétypes sont écrits de telle sorte que ce n’est pas eux qui évoluent dans un univers, c’est l’univers qui se plie à eux, sans effort, car tout leur est donné.

Le vrai héros part de son confort, de manière souvent traumatique, traverse des épreuves qui le confrontent à ses faiblesses, et doit triompher de lui-même pour vaincre son adversaire. Les Sues ne répondent à aucun de ces critères, et c’est pour cela qu’ils sont irrémédiablement pénibles.

Le Neo Marxisme et l’écriture de personnage

Que cela reste dans une fanfiction peut porter un sourire amusé au mieux, au pire une migraine force 8.

Mais il semblerait que ce vilain péché d’écriture ait contaminé les plus gros studios de production culturelle. Alors, les gros studios ont-ils lu trop de fanfiction, ou pas assez ?

En réalité, un autre phénomène est venu se mettre sur la route des nouveaux réalisateurs de films : les politiques communautaires neo-marxistes.  Il faut désormais, pour passer le comité officiel de censure médiatique, avoir des quotas de personnages appartenant à telle ou telle catégorie ethnique ou sexuelle, et surtout, les écrire sans aucune vulnérabilité. Le contraire donnerait au comité de la Pravda l’impression que vous pourriez penser que TOUS, femmes, noirs, blancs, laossiens, bouddhistes, jupitériens, possèderaient la même faiblesse que le personnage à l’écran supposé les représenter.

Des critères de jugements complètement impartiaux et élevés

Les politiques néo-marxistes impliquent que vous endossiez la responsabilité de tout ce que les gens possédant les mêmes critères ethniques ou sexuels que vous revendiquent (On l’a vu lors de l’affaire #NotAllMen). Alors montrer une vulnérabilité de personnages appartenant à telle ou telle catégorie supposément opprimée, impossible.

En mode God-like

Le personnage de Rey dans Star Wars a été conçue volontairement comme “un modèle féminin parfait”, “conçue sans faiblesse” telle une Notre Dame du Féminisme. Mais ça ne fonctionne pas du tout, au contraire. Cela donne la fausse impression, à celles qui se laisseraient berner par cet ersatz de personnage, que les femmes obtiennent tout sans aucun effort (même Anakin, plus puissant Jedi de la République, a dû s’entraîner des années avant de combattre un Seigneur Sith, et il y a laissé un bras. Rey a remporté son premier combat contre un maître Jedi…). Personne ne veut savoir ce que fait un personnage parfait : on souhaite découvrir ses échecs et son évolution, sa force d’âme et sa résilience dans l’adversité, on veut le voir apprivoiser ses faiblesses et en faire une force, comme pour le reboot de Tomb Raider qui dépeint une Lara fragile, bousculée, qui affronte le réel et devient peu à peu l’aventurière haute en couleur qu’on connait.

Ils viennent de me mégenrer, mais je fais face

Les SJW et néo marxistes en général rejettent en bloc cette substance de l’aventure, ce goût de l’effort. Tout doit leur être livré, l’univers doit se plier à leurs lois de la même manière que pour une Sue, mais dans la réalité.

Ce titre est même revendiqué par un site se voulant geek. Attention, ça pique les yeux, c’est à vos risques et périls.

Par la promotion de ces personnages irréalistes à qui tout est donné, beaucoup de SJW mal dans leur peau ont pris la confiance et cru que le monde allait leur obéir comme il semble obéir à ces nouveaux “héros”.

La réalité ne satisfait pas mes caprices ? Alors je ne me changerai pas, je blâme la réalité et tous ceux qui ne me portent pas aux nues sont les antagonistes de cette fanfiction de Moi qu’est ma vie. Dans une certaine mesure, on pourrait site que ces archétypes, qui ne poussent même plus à l’excellence ni à l’effort, sont nocifs pour des jeunes influençables et déboussolés dans un monde en pleine mutation. Ils s’attendent à ce que le monde tombe en pâmoison devant le moindre de leur mot, puisqu’ils sont eux-mêmes les héros parfaits et non perfectibles de leur propre histoire.

Brave and stunning. Pour absolument rien.

3 commentaires

  1. Je comprend tout à fait la critique sur Star wars 7 et 8 mais les arguments utilisés sont pour le moins étranges :
    Anakin n’est pas du tout le plus puissant Jedi de la République (il se fait battre pas son propre maître qui n’est lui-même pas réputé pour être un combattant extraordinaire), le premier Seigneur Sith qu’il affronte est Dooku qu’il bat sans la moindre difficulté et il perd son bras sur un ligne de production de Geonosis sans lien avec un combat contre un Sith).
    Quant à Kylo Ren, il n’est pas un Jedi et encore moins un maître (Snork dit justement après qu’il va finir sa formation).

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    1. Effectivement si on regarde le lore de manière pointue, les titres des jedis sont précis. Après, l’article souligne la différence de niveau entre un Jedi formé pendant dix ans et naturellement très talentueux, Anakin, et Rey qui débarque totalement et vainc un padawan peut être, mais entraîné durant des années par le dépositaire des enseignements Jedi à savoir Luke.
      Pour le reste nous sommes d accord !

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