Debunk : les geeks sont sexistes, il faut les « sensibiliser » (1)

Parmi les clichés que l’on retrouve souvent sur les geeks, outre l’acné persistante et un penchant pour les Curly, il y a le fait que les joueurs de jeu de Rôle, et plus généralement les geeks, seraient sexistes et ne respecteraient pas les femmes.

Lara Croft, Tomb Raider

Ouh, mattez ces beaux b00bs polygones…

Il y a eu des exagérations concernant le corps féminin. On se souvient de la première Lara Croft ultra sexualisée. Prenons ce cas particulier. En 1996, lors de la sortie du 1er opus, la génération née dans les années 60 étaient en pleine maturité. La sexualisation des corps et leur affichage faisait partie de la norme sociale. Les Barbies de l’époque, bien que destinées aux petites filles, étaient bien plus stéréotypées, sans que l’on accuse ces jeunes filles d’être machistes.

Par ailleurs, les joueurs (principalement masculins à l’époque), se concentraient bien plus sur les énigmes très touffues que sur le physique de Lara. Le succès du jeu fut dû à sa qualité intrinsèque, et non aux pixels avantageux de la dame. Avec les copains dans la cour, on en parlait pour s’aider sur les énigmes, et non pour commenter le physique.

Qui plus est, quel modèle ! On ne parle pas de repasser le linge ou de changer Jean-Abdul, mais bien d’aller déterrer des trésors et combattre des méchants.

Improve. Adapt. Overcome.

Autre temps, autres mœurs : le reboot de Lara Croft, à partir de 2011, présente une jeune femme (presque) normale, courageuse et battante, qui résout des énigmes, et met à mal des organisations criminelles.

Verdict : 0% cliché, 100% épique.

Les soeurs de bataille, Warhammer 40k

Personne ne lui demandera jamais de sourire, à elle

Dans l’univers Warhammer 40k, vous avez la possibilité d’incarner ce que l’on appelle une Soeur de Bataille. Elles sont armées d’un fusil blaster, et rien qu’au nom de l’engin, on comprend que ça n’a rien à voir avec des aiguilles à tricoter. Leurs armures sont profilées, leur éducation impeccable, et personne dans aucune des galaxies contrôlées par l’Empereur-Dieu n’irait contester leur parole.

Capitaine puis Major puis Colonel Samantha Carter, Stargate SG1

Le Major a un mot à vous dire concernant le cirage de vos ranjos.

La série de SF qui a dominé les années 90 est sans conteste Stargate SG1. Pendant dix saisons, Samantha seconde son officier supérieur puis finit par prendre le contrôle de l’unité d’élite qui explore la galaxie, et est personnellement responsable de la mort d’une dizaine de Dieux. En plus d’être un officier de terrain de qualité, c’est LA scientifique de la bande et personne n’émet de commentaire sur le sujet.

On se souviendra de l’épisode trois de la première saison : faisant face à une tribu ancestrale, Carter choisira de ne pas se conformer aux codes (femmes voilées et tenues à l’écart), et défiera le chef de clan en combat singulier.

Certains objectent les intrigues romantiques qu’elle vit au cours des saisons. Là encore, debunk : ses collègues hommes, le Dr Jackson et le Colonel O’Neill, en vivent tout autant si ce n’est davantage. Le motif principal d’action du Dr Jackson est d’ailleurs mu par des sentiments, sa femme ayant été mise en esclavage par une race d’aliens.

Pour les clichés, on repassera.

Tuto beauté avec Buffy

Bonus : Dans la gamme des séries des années 90, on pensera aussi à Buffy, qui plutôt que de regarder les garçons à la cour de récré telle une Bella apoplectique, va se battre contre les créatures infernales la nuit dans des cimetières.

Ramona Flowers, Scott Pilgrim

Et toi, avec quoi tu joues ?

Dans le comics (puis l’adaptation à l’écran) de Scott Pilgrim, Ramona peut passer pour “la fille à sauver”. En effet, Scott tombe amoureux d’elle et doit combattre les exs petits amis de la demoiselle.

La réalité de l’intrigue est légèrement différente : Ramona, en pleine conscience, n’assiste pas éperdue à des duels de coqs. C’est elle qui dicte les règles du jeu à Scott, et qui impose avec clarté ses conditions pour leur relation.

Dans le combat final, elle défend Scott et se joint à la mêlée grâce à un de ses nombreux superpouvoirs.

Evangeline, Wakfu

Une autre forme de puissance

Le studio Ankama est une boite française toute jeune, dont les employés ont été biberonnés à la culture geek des premières heures. On pourrait penser que leurs personnages féminins seront des princesses perdues habillées avec des échantillons de vêtement et dévouées au bonheur de ces messieurs. Vrai ?

Faux : Evangeline, une de leurs héroïnes, incarne l’esprit de discipline et de maturité dans le groupe des aventuriers de la saga Wakfu. Mais le pari qu’ils prennent sur ce personnage est encore plus puissant : ils la représentent enceinte, mère de famille, et passent même dans la série son accouchement lors d’un combat. Du jamais vu comme prise de position dans une série pour enfant. La femme n’est pas “valable” uniquement lorsqu’elle est jeune et sans enfant. Un gros GG à l’équipe d’Ankama.

On notera d’ailleurs que dans la même série, celui qui est censé représenter le guerrier masculin fort venant à la rescousse des princesses est d’une stupidité abyssale.

Bilan


La femme chez les geeks serait ultra sexualisée ou pure comme la colombe

FAUX

La culture geek propose des images de femmes diverses et audacieuses, bien plus que la culture mainstream (coucou Bella).


La femme chez les geeks n’existe que pour créer des intrigues sentimentales

FAUX

Elle prend part à l’action, l’initie ou la modifie, à sa manière et selon son caractère comme le ferait un personnage masculin.

Et vous, quels exemples vous ont marqué ?

4 commentaires

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